5 bons gros trentenaires spirituels qui se retrouvent pour un WE de ski de rando. Au programme : sécurité, finesse, gastronomie... si si, je vous assure, c'était ce qu'on avait prévu.
Samedi matin : réveil très tôt, mais pas assez pour chausser avant 9H après avoir mangé, chargé la caisse, fait la route, cassé les lacets de Sam, s'être changé puis aperçu que les peaux de Sam ne collaient pas, etc.
Le soleil n'est pas encore très haut quand nous partons, et nous sortons de sous une mer de nuages...

Mais ça tape déjà dur sur les versants sud, et nous voyons partir un nombre incalculable de coulées.

La course se déroule sans histoire, nous renonçons à la brèche de l'Homme Mort 100m sous l'objectif car la pente finale n'a pas l'air complètement saine, et qu'il est déjà près de midi. C'est donc un rapide casse croûte, puis une redescente dans des pentes encore poudreuses au début, puis plus lourdes.
Ce n'est qu'après avoir déchaussé les skis, à 100m de la voiture, sur un brave chemin forestier que le drame se prépare : nous devons traverser un couloir d'avalanche. Oh, pas méchant, et puis on est à 1200m d'altitude, il ne peut clairement rien arriver aussi bas début avril !
Je marche devant, Plum' et Nico me suivent à quelques mètres. Et nous parlons de risque d'avalanche niveau 6 ! Le couloir est étroit, mais il vient de très haut, nous ne le savons pas. Le chemin passe tout en bas de cette photo :

Je jette un coup d'oeil machinal, rien, m'engage, fais 3 pas, jette un autre coup d'oeil, et ... MERDE, la montagne nous tombe dessus. Pas le temps de réfléchir, je hurle "Attention" en partant en courant. Plum' me suit instantanément, Nico qui venait de s'engager saute en arrière et une seconde plus tard, un énorme flot de neige lourde emporte tout sur son passage. Plum' et moi sommes passés, mais nous ne savons pas où est Nico. Il finit par se signaler à moitié pendu dans un arbre et il rampe pour grimper plus haut car le niveau du flot de neige monte encore et menace de le submerger.
Puis la décrue s'amorce, nous sommes tous saufs, heureusement que nous avons tous bien réagi. Matthieu qui marchait 100m derrière a eu le temps d'arriver, sortir son appareil et filme le torrent de neige désormais assagi qui continue à couler pendant plusieurs minutes.